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Vendredi 24 mai 2013 5 24 /05 /Mai /2013 15:22

couvalbayane.jpgJean-Fabien est un informaticien pas comme les autres : son côté geek en mal de fille cache une âme artistique qui se cherche. Son meilleur ami? Son ordinateur! Pourtant, il ne passe pas son temps libre (c'est-à-dire tout son temps) à jouer à des jeux vidéos, il ne passe même pas son temps à nous parler dans un langage informatique incompréhensible. Son ordinateur, comme pour beaucoup d'informaticiens (pardon pour le cliché), lui sert avant tout à communiquer avec le monde extérieur...

 

Voilà des jours que Jean-Fabien parle de ses états d'âme sur un blog. Les lecteurs (et les lectrices) interragissent à chaque article tandis qu'il se dévoile. Son rêve? devenir écrivain. Ou plutôt non : il sent au fond de lui qu'il l'est déjà depuis longtemps. Le seul problème, c'est qu'il n'a jamais écrit. Mais écrire sur quoi? Il veut être édité, vendu, avoir du succès. Jean-Fabien s'interroge donc sur le meilleur moyen d'y parvenir et imagine un roman à la carte.

 

"Le journal d'un écrivain sans succès" bascule en fait au cours de chaque chapitre entre ce blog et le récit du quotidien de Jean-Fabien, cerné entre un boulot chiant et sa quête perpétuelle d'un amour réciproque. Dans la vie réelle, il est informaticien, n'a pas d'ami et s'est épris d'une fille hors d'atteinte. Heureusement, il a échafaudé un plan infernal pour la séduire : se faire passer pour un écrivain.

 

Passant sans cesse d'un mode d'écriture à l'autre, l'auteur nous entraine dans un univers tout à fait particulier. On sourit souvent, on s'amuse parfois. On regrette les allusions vulgaires qui n'apportent rien à l'histoire et qui ne font qu'encourager les préjugés selon lesquels les garçons (et les geeks) sont des obsédés qui voient les femmes comme des objets et non comme des êtres humains à part entière. Heureusement, on découvre un Jean-Fabien sensible et romantique dans les dernières pages.

 

L'auteur impose un rythme tout à fait particulier dans ce livre, alternant continuellement narration suivie et écriture web. L'objectif premier de ce roman semble être de distraire le lecteur, et c'est une réussite. J'avoue avoir eu du mal d'entrer dans l'histoire tant le style est a priori inaproprié pour un format roman. J'aurais probablement plus apprécié une lecture quotidienne des aventures de Jean-Fabien à travers ce fameux blog plutôt qu'en un bloc de 190 pages. Néanmoins, il y a un style personnel qui ne manque pas d'un certain intérêt, un humour et une auto-dérision plutôt rafraichissants.

 

Dommage pour le titre, qui ne correspond finalement pas au contenu : ce n'est pas l'histoire d'un écrivain sans succès, c'est le journal d'un type qui voudrait écrire mais qui ne sait pas sur quoi. Notre époque semble pourtant être propice aux publications (souvent à compte d'auteur) ayant pour sujet l'auteur lui-même et sa frustration à ne pas trouver d'un éditeur capable d'apprécier son prétendu grand talent. Jean-Fabien ne semble pas de cette trempe, et on s'en réjouit.

 

Paul&Mike est un éditeur dit libre. Distribué par Hachette livres, il propose une ligne éditoriale qui se veut réactive avec "des essais collants à l'actualité et des romans décalés".

 

Sortie le 20 février 2013 chez Paul&Mike.

-Service de presse-

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Publié dans : A (re)lire
Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 21:33

cherel.jpgUn amour de jeunesse, un coup de foudre, une histoire d'amour à l'eau de rose... Non, il ne s'agit pas d'un roman écrit par une femme. Il n'est pas même pas signé Marc Lévy. Pourtant, il a la sensibilité du récit d'une femme blessée, amoureuse, déçue. Si les premières pages ne m'ont pas convaincue, je me suis finalement laissée emporter dans cette histoire un peu surprenante. Surprenante? Des amours impossibles, des histoires avortées, des coeurs blessés, ce n'est pourtant pas ce qui manque dans la littérature, qu'elle soit moderne ou non ! L'originalité dans ce roman, c'est le narrateur. Car oui, il s'agit d'un narrateur éconduit, amoureux d'une femme mariée qui joue avec ses sentiments et n'a pas le courage de quitter son mari et cette vie trop tranquille qui l'ennuie.

 

Tout commence à l'école. Jérôme croise Ava et en tombe instantanément amoureux. Timide, il n'ose pourtant pas faire le premier pas et ils en restent là. Vingt ans plus tard, Ava le retrouve sur Facebook. Ils se revoient, la magie opère toujours et commence alors une histoire, si pas d'amour, au moins de sexe. Ava est mariée et s'ennuie. Jérome est amoureux d'Ava. L'équation semble insoluble, pourtant Jérôme s'accommode de cette situation...pour un temps seulement. Il la voudrait pour lui seul, serrer cette femme trop instable chaque jour, partager ses nuits, passer des week-ends ensemble. Mais Ava n'est pas du même avis.

 

Pour une fois, nous découvrons l'histoire d'un homme coincé dans un rôle d'amant qui lui convient si mal. Malheureux, il souffre de cet amour à sens unique. C'est plein de sentimentalisme mais, écrit avec la voix d'un homme, ça prend soudain une résonance différente. Au fil des pages, on ne lit pas une intrigue, on découvre des impressions, les émotions de Jérôme. Progressivement, il apprend à appréhender cette situation et qui il est. "J'entreprends un travail sur moi-même pour comprendre (...) Cette histoire m'aura servi de thérapie." Il avance à pas de géant dans notre quête à tous, celle du bonheur et de la recherche de "soi". Un soi profond et véritable. Car comment être heureux si on se ne se connait pas soi-même? Et cette question : "Ne cherche-t-on pas des réponses sur soi dans les rencontres amoureuses?".

 

Finalement, ce roman a été une vraie découverte avec une agréable surprise à la fin : loin d'être moralisateur ou larmoyant, l'auteur nous propose une mise au point sur les enseignements de cette histoire d'amour somme toute classique entre deux personnes qui s'aiment différemment. 

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Publié dans : A (re)lire
Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 15:54

Je vis toujours. Oui oui, malgré le peu d'articles que je poste en ce mment, je suis toujours là. Des projets personnels très prenants et une entorse de la cheville plutôt ennuyeuse m'ont ralentie mais pas arrêtée ! A ma décharge, je diras que le monde de l'édition n'est pas très palpitant ces temps-ci... Mais bientôt, nous aurons droità la vague "Nothomb nouveau" qui annoncera la folie de la rentrée littéraire ! Patience donc...

 

D'ici là, je lis et vous fais part de mes découvertes, positives ou non. Car après tout, l'été approche à grands pas et nous cherchons tous le bon livre à se mettre sous la dents pour les après-midis-transat !

 

Et puis pendant ce temps, de nouvelles collaborations naissent et les demandes de service de presse se multiplient. Voilà ce que le facteur m'a apporté ce matin :-)

 

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Publié dans : Billets d'humeur
Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 08:23

Voilà plusieurs semaines qu'un débat anime la France. Un débat qui polarise véritablement les élus et les manifestants. Une mobilisation qui étonne au-delà des frontières françaises et qui choque une partie de la population étrangère. J'ai longtemps hésité avant de l'aborder sur ce blog, tant le sujet est sensible et hors de mon terrain de jeux habituel. Mais il fait tellement bondir qu'il est difficile de fermer les yeux. J'ai donc choisi la forme d'un billet d'humeur, suite à la lecture ce matin de cette lettre ouverte à Frigide Barjot "Je suis mère et homo, expliquez cette haine à mes enfants" : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/844140-mariage-gay-frigide-barjot-je-suis-mere-et-homo-expliquez-cette-haine-a-mes-enfants.html 

J'ai lu cette lettre et je suis très admirative de cette femme qui a su, en peu de mots finalement, exposer le problème, soulever les énormités, le tout sans haine et avec lucidité. Je vous invite donc tous à consulter cet article sur le site du Nouvel Obs.

 

La situation est à ce point absurde que, de ma petite Belgique, je ne la comprends plus du tout. Pourtant, la frontière est à quelques kilomètres de chez moi. En Belgique, comme dans d'autres pays européens, le mariage pour les couples homo est autorisé depuis le 30 janvier 2003. En 2006, l'adoption a suivi la tendance. En avez-vous entendu parler? Avez-vous vu des manifestations massives? Des drapeaux? Des slogans insultants? Non, rien de tout ça. En Belgique, les homo se marient et ont des enfants. Cela fait 10 ans maintenant et le pays vit toujours! Nous avons survécu à une crise politique, la crise financière nous atteint sans nous faire basculer et les couples qui s'aiment se marient et ont des enfants. Et personne n'y trouve à redire. Incroyable? Vrai!

Car au fond, les discours en France beignent dans l'hypocrisie. Qu'ils soient pour ou contre, les gens parlent de "mariage pour tous". Soyons clairs : je suis contre le mariage "pour tous". Je ne pense pas que le mariage entre un père et sa fille doive devenir légal. Non. Le débat réel ne parle pas de "mariage pour tous" mais seulement de mariage entre deux personnes du même sexe. Ensuite, regardez d'un peu plus près les "anti" et écoutez leur discours. Quel est le message constamment sous-entendu? La religion n'est jamais loin. Frigide Barjot (porte drapeau de ce mouvement anti) elle-même s'était auto-proclamée "attachée de presse de Jésus". Excusez du peu. Mais qui réclame le mariage gay reconnu par l'Eglise? Il ne s'agit pas de cela, la loi des hommes n'est pas la loi de Dieu (même si dans "Aimez-vous les uns les autres", je n'ai pas entendu "à condition que l'autre soit de sexe différent" mais admettons). La France et les Français se sont assez battus pour que l'Eglise et l'Etat soient séparés. Des têtes sont tombées, la Monarchie absulue de droit divin a laissé place à une République dont les Français sont si fiers. Le pays des Droits de l'Homme! Un pays qui arborre si fièrement trois mots lourds de sens et d'Histoire : Liberté, Egalité, Fraternité. La France semble avoir oublié ces mots. Car il s'agit bien de cela : des gens militent aujourd'hui pour que d'autres n'obtiennent pas un droit dont eux-mêmes jouissent. A moins que je ne fasse erreur, il me semble que c'est une première. Car il ne s'agit pas non plus d'obliger les gens à se marier avec une personne de même sexe ! Donc j'ose la question : où est le problème? Ma liberté s'arrête là où commence celle des autres. L'inverse est vrai également.

 

Les questions que pose cette dame dans la lettre ouverte publiée par le Nouvel Obs sont très juste. Pourquoi tant de haine? Mais je suis rassurée : un noir a été élu Président des Etats-Unis d'Amérique. Qui aurait cru ça il y a seulement 50 ans? Un jour, le mariage gay sera répandu et ne choquera plus personne. Et les générations suivantes liront les livres d'Histoire avec étonnement. Moi, je la vis avec consternation.

 


A titre d'information, Wikipédia propose un article sur le mariage gay en Belgique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mariage_homosexuel_en_Belgique

 

Le tableau des statistiques de divorce est tout à fait intéressant :

- le mariage homo représente 5% de tous les mariages belges

-près de 71% des mariages finissent en divorce, mais seulement 9.4% des mariés homos divorcent

 

 

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Publié dans : Billets d'humeur

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