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Frédéric Quinonero, Jane Birkin : La vie ne vaut d'être vécue sans amour, l'Archipel, 2016.

La biographie de Jane Birkin par Frédéric Quinonero et paru à L’Archipel, s’ouvre avec le suicide de Kate, la fille aînée de la chanteuse, survenu en 2013. D’emblée, on craint que Quinonero tire complaisamment sur la corde tire-larmes et escamote l’artiste Birkin, à la fois chanteuse, réalisatrice, et comédienne de cinéma et de théâtre, au profit de la mère-de-trois-filles-et-ex-compagne-de-Gainsbourg-et-Doillon-qui-a-connu-bien-des-malheurs.

La suite du livre dément heureusement cette première impression peu flatteuse : de l’enfance sur l’île de Wight aux engagements humanitaires et politiques actuels, le biographe ne dissimule certes pas la vie personnelle de son sujet (c’est la loi du genre) mais il prend soin de toujours l’aborder dans son rapport avec l’œuvre artistique de Birkin, sans jamais donner l’impression de fouiller les poubelles ou de courir derrière la révélation salace.

À n’en pas douter, Jane Birkin, « La vie ne vaut d’être vécue sans amour » est une biographie sérieuse. Quinonero ne pratique pas la connivence avec sa biographiée, qu’il n’a semble-t-il même jamais rencontrée. Sa méthode à lui, c’est la collecte des faits. Il les relate dans une écriture sans affects (à part dans ce discordant chapitre initial). Il les étaye par des extraits d’interviews de Birkin ou de ses proches. Articles de presse, émissions télévisées, discographie : la documentation qu’il a réunie est impressionnante – et fichtrement mal valorisée par l’éditeur, qui a choisi de placer les références des citations à la fin de l’ouvrage : on se lasse vite de ces sauts incessants vers les dernières pages, qui nuisent à la fluidité de la lecture.

Si on décernera volontiers une médaille de sérieux au biographe, cette médaille-là aussi a son revers. C’est qu’en privilégiant toujours la distance et l’objectivité, Quinonero échoue à rendre son sujet passionnant. Et en se bornant à relater des faits avérés, maintes fois recoupés, en ne se hasardant jamais sur les chemins de traverse de l’interprétation ou de l’hypothèse, il finit par donner à l’ouvrage la tournure froide d’une notice d’encyclopédie. Une impression que vient encore conforter le cahier de photos encarté au centre du livre, qui ne propose que quelques clichés cent fois revus.

Au final, Quinonero livre ici une sorte de Birkin pour les nuls, qui satisfera certainement les néophytes, mais décevra les fanas. Di doo dah.

Tag(s) : #LesPetitsLivres, #Les chroniques de Diane Norric, #A (re)lire

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