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Ce n'est plus une nouvelle puisque tous les journaux en ont parlé et reparlé : les locaux de Charlie Hebdo ont été incendié et le site internet du journal a été piraté. Je ne pouvais pour autant pas passer ce fait sous silence, ne fût-ce que pour qu'il en reste une trace ici.

Une attaque au cocktail Molotov a réduit en cendre les bureaux du célèbre hebdomadaire satirique, annéantissant sur son passage tout le matériel. Heureusement, l'attaque n'a fait aucun blessé. Ouf. Et pourtant.

Et pourtant, on ne peut pas rester là à se dire que finalement, ça aurait pu être pire. Finalement, tout finit bien. Parce que si en France la liberté d'expression finit en cendres, pays des Lumières et de la Révolution, où allons-nous?

Charlie Hebdo se revendique satirique. Il fait rire souvent, dérange parfois. Ca n'en reste pas moins une moyen d'expression. « Il n'y a pas de démocratie sans irrévérence, sans parodie ou sans satire. J'exprime ma plus profonde solidarité aux journalistes et aux équipes de Charlie Hebdo et à ses lecteurs », expliquait hier Frédéric Mitterrand.

Selon le président du Conseil français du culte musulman, la représentation du prophète Mahomet représente "une offense pour les musulmans". Mais ne peut-on pas rire de tout dans un pays libre? Et je pose la question suivante : une attaque au cocktail Molotov n'est-elle pas une offense pour les journalistes qui en ont été la cible? Depuis cette attaque, le site internet du journal satirique a été piraté, renvoyant ses visiteurs vers un site islamiste. Provocation ou avertissement?

L'UMP, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Eupope (OSCE) et bien d'autres ont évidemment condamné cette attaque, déjà qualifiée par beaucoup d'attentat. Une enquête est en cours pour en déterminer les responsables. A l'AFP, Jean-François Copé confiait que "Les amalgames entre la politique et la religion sont les pires qui soient". Entre effarement et révolte, nul ne reste insensible à ces actes.

A Paris, on se veut pratique : Bertrand Delanoë s'est engagé auprès de la rédaction de Charlie Hebdo afin de l'aider à retrouver rapidement des locaux. "On peut ne pas être d'accord avec le numéro de Charlie Hebdo aujourd'hui, mais nous sommes dans une société qui a besoin de liberté d'expression, et tout acte violent pour mettre en cause cette liberté doit être condamné avec la dernière fermeté. C'est absolument inadmissible", expliquait-il à RMC. Du côté de Libération, le quotidien a proposé à une partie de l'équipe de prendre place dans ses pages afin de poursuivre son travail journalistique avec ce titre en première page : "Après la Grèce, sauvez Charlie". Les caricaturistes en ont profité pour s'exprimer librement. Comme quoi, détruire un bureau ne baillonne pas les hommes.

Hier, ActuaLitté encourageait chacun à acheter Charlie Hebdo, en signe de soutien.

 

Edit 7/11 : Charb, directeur de la publication, Luz, dessinateur, et Riss, le directeur de la rédaction, ont été mis sous protection policière rapprochée. Le site internet de la rédaction est toujours fermé mais vous pouvez les suivre dès à présent via un blog : http://charliehebdo.wordpress.com , hébergé par Libération qui décidément s'investit autant que possible dans cette affaire.

Tag(s) : #Billets d'humeur

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