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maiscestatoiquejepense.jpgC'est d'un thriller que j'ai décidé de vous parler aujourd'hui. Si je suis habituée aux séries TV consacrées aux tueurs en tous genres, en série si possible, et séduite autant qu'on le puisse par le très intéressant Serial Killer de Stéphane Bourgouin, je ne m'étais encore jamais laissé tenter par un roman sanguinolant. J'ai bien entr'ouvert la porte du livre à suspense avec la découverte récente de l'univers de Patricia McDonald, mais rien de vraiment gore, trash, dégoulinant de sueur et de sang jusque là. Il est possible que j'attendais l'occasion de m'y risquer, et les conseils d'une collègue m'ont mis le pied à l'étrier. Vous l'aurez compris : je ne suis pas une experte de ce genre littéraire. Cependant, je suis une lectrice et c'est avec ce regard-là que je vais vous parler de Mais c'est à toi que je pense.

Dès les premières lignes, l'auteur nous fait entrer au coeur de l'action. Sans décorticage de personnages ou de décors, Braunbeck nous plonge au sein de son intrigue. Ou plutôt, à la fin, car on comprend rapidement que des choses graves se sont produites un peu plus tôt et ont radicalement changé le héros : Mark Sieber. Sa femme craque et le supplie de tout lui raconter : que s'est-il passé là-bas? Quelle que soit la vérité, elle veut savoir. Mais comment raconter ce qui est inimaginable?

En voyage loin de chez lui pour raison administrative, Mark tombe en panne. En attendant que son véhicule soit réparé, il loue une chambre dans le motel le plus proche mais très vite, ce qui ne semblait être qu'une péripétie tourne au cauchemard. Il est enlevé par un groupe d'inconnus : trois enfants, Thomas (onze ans), Arnold (douze ans), Rebecca (quinze ans) et Christopher, leur leader (vingt et un ans). Violents mais très organisés, si jeunes et pourtant si mûrs, ils viennent d'échapper à un tueur en série pédophile qui leur a laissé des traces irréparables : ils sont traumatisés, violés, mutilés, atrocement défigurés.Ils ont besoin d'un adulte pour les ramener à leurs parents qu'ils n'ont pas vus depuis plusieurs années et ils ont choisi Mark.

D'un point de vue humain, ce livre fait hurler. On se sent mal d'appartenir à cette race capable de commettre de telles attrocités. Fort heureusement, il ne s'agit pas d'un récit mais d'un roman, né de l'imagination d'un auteur. Mais peut-être va-t-il trop loin, sans véritable motif. Le style est familier souvent, vulgaire parfois. Les scènes choquantes le sont trop sans réel impact sur l'intrigue puisqu'elles sont presque toutes racontées au passé. Les bagarres sont particulièrement brutales et on se demande si cela a de l'intérêt puisqu'elles n'impliquent que des individus du même camp. Les sévices subits par les enfants sont tout particulièrement atroces et, au-delà du fait que je me demande s'il est effectivement possible d'y survivre, je n'ai trouvé aucun plaisir à lire autant de détails au sujet de faits passés et qui ne permettent pas à proprement parler de faire comprendre au lecteur la psychologie du psychopathe. Au final, beaucoup de violence et de sang au fil des pages, ce qui m'a fait garder une certaine distance par rapport au récit et donc de moins être émue par ces horreurs. Et enfin, pourquoi, mais pourquoi bon sang, ne font-ils pas appel à la police?

Dernier questionnement, et non des moindres : d'où vient ce titre qui ne semble pas, dans sa version française en tout cas, en adéquation avec le contenu...

Tag(s) : #A (re)lire

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