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autantenemportelevent

Habituellement, je vous parle d'un livre. Habituellement, je mets en illustration sa couverture. Mais aujourd'hui...

Aujourd'hui, je rédige mon 100ème article. Et pour ce chiffre particulier, je voulais un sujet particulier. Alors j'ai décidé de changer les habitudes et de vous parler d'une histoire. D'une belle histoire, d'une histoire d'exception. Avant toute chose, Autant en emporte le vent a été pour moi un film fort, de ceux qui vous bousculent, vous renversent et vous font voir la vie autrement. LE film. Voilà des années que je le visionne régulièrement et, à chaque fois, c'est la même émotion, la sensation que quelque chose de grand se produit. Très récemment, j'ai appris que ce film si fabuleux était en fait l'adaptation d'un roman. Le prétexte idéal pour vous en parler.

L'histoire est belle, forte, puissante. Scarlett O'Hara est une jeune fille admirée de tous, aimée par tous les hommes, séductrice, manipulatrice, charmante, envoutante, résolue, et amoureuse de son cousin, Ashley, qui va en épouser une autre. Nous sommes en Géorgie, juste avant la guerre de Sécession. Son père, un Irlandais déraciné, est le riche propriétaire d'une plantation de coton employant nombre de nègres. La vie est paisible à Tara, l'air est aux déjeuners sur l'herbe et aux bals. Jusqu'à ce que la guerre n'arrive. Petit-à-petit, la vie change. Finis les rires, finie l'insouciance. L'argent se fait plus rare, les Yankees gagnent du terrain. Pour ces sudistes arrogants, l'humiliation est grande. La misère s'installe, pire que tout. Il faut délaisser les robes de bal pour récolter le coton. Oublier les promenades à cheval pour chercher à tout prix de quoi payer les innombrables taxes qui permettront à Scarlett de conserver Tara, qui n'est plus qu'une ruine. Malgrés les malheurs qui se succèdent, Scarlett tient tête au destin. Elle le jure : elle ne connaitra plus jamais la faim, quels que soient les moyens qu'elle devra mettre en oeuvre. Elle fera tout pour regagner son rang, elle nettoiera l'affront essuyé.

Jour après jour, elle reconstruit sa vie, se marie, se remarie et améliore chaque fois sa condition. Elle devient propriétaire d'une scierie qu'elle fait prospérer et épouse enfin Rhett Butler, le seul homme qui soit capable de la mériter, de lui tenir tête, le seul vrai homme de sa vie. Leur caractère volcanique les sépare parfois. Pourtant, ils se ressemblent trop, se comprennent trop bien, ont besoin l'un de l'autre. Fatigué de ces chamalleries, Rhett décide pourtant de quitter Scarlett. Consciente qu'elle ne le verra plus, elle comprend à quel point son amour pour lui est grand. Elle le supplie de rester, lui jure son amour mais rien y fait, son amour pour elle est mort. Vient alors la réplique la plus fameuse du cinéma :

"-Mais Rhett, que vais-je devenir?

-Franchement ma chère, c'est le cadet de mes soucis"

Scarlett s'écroule devant cette fatalité qui l'écrase soudain. Pourtant, le film se termine sur cette scène puissante au cours de laquelle Scarlett se relève, résolue à reconquérir Rhett et à retourner à Tara où elle retrouvera ses racines et la force nécessaire pour mener à bien cette quête. Rien jamais ne l'abattra. Tant que Tara sera là, rien ne pourra jamais la faire tomber sans qu'elle ne puisse se relever.

Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleure actrice pour un second rôle, meilleur scénario : quelques uns des 10 Oscars remportés par ce film. Clark Gable avait également été nominé pour le meileur acteur. Si le film a coûté pas moins de 4.000.000 $, on estime qu'il en a rapporté 1.250.000.000 $, soit le plus gros succès de l'histoire du cinéma. Vivien Leigh, incroyable Scarlett, n'a empoché que 25.000$ de ce pactole alors que Clark Gable, irrésistible Rhett, a rafflé 120.000$ pour des prestations pourtant moins longues. Autre "injustice" : la romancière à l'origine de cette aventure s'est vue octroyer 50.000$ en droits d'auteurs pour l'adaptation, ce qui peut paraitre faible comparé au succès que l'on sait à présent. C'était pourtant la plus grosse somme jamais versée pour une première oeuvre.

Pour la petite histoire, Gary Cooper avait refusé le rôle de Rhett Butler en affirmant que ce film serait le plus grand flop de l'histoire hollywoodienne. Pour les amateurs, sachez également que la scène de l'incendie d'Atlanta a été réalisée dès le début du tournage, avant même que Vivien Leigh n'aie obtenu le rôle de Scarlett. Il a donc fallu faire appel à une doublure. En effet, le casting pour ce rôle crucial s'est éternisé, Katharine Hepburn étant l'une des favorites. Hattie McDaniel quant à elle reçut l'Oscar du Meilleur Second Rôle féminin pour son rôle de Mama, devenant ainsi la première artiste noire Oscarisée (en 1940).

Margaret Mitchell. Ce nom ne vous dit probablement rien. Et pourtant, elle est la créatrice de toute cette fabuleuse histoire, écrite en trois années de travail intense et publiée aux Etats-Unis en 1936. L'année suivante, elle obtient le Prix Pulitzer du roman. En 1939, le film sort dans les salles. 10 ans plus tard, elle décède d'un accident de voiture. Si l'histoire qu'elle a écrite est entrée dans la légende, personne aujourd'hui ou presque ne connait cette romancière. Autant en emporte le vent (Gone with the wind) a été son premier...et son seul roman.

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