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La rentrée littéraire de 2017 ne fera pas exception : Albin Michel publie cette année encore un nouveau roman d’Amélie Nothomb. « Frappe-toi le cœur » vient couronner vingt-cinq ans d’une carrière épatante et ravira les lecteurs. 
« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Si vous n’allez pas plus loin que le quatrième de couverture, vous n’en saurez pas plus que cette citation d’Alfred de Musset mise en exergue par l’éditeur et qui a guidé l’auteur durant l’écriture de ce nouveau roman. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin et dévorez d’une traite le petit dernier de la plus belge des romancières françaises (ou inversement) ! Son précédent livre, « Riquet à la houppe » sorti en 2016, était ouvertement une réécriture d’un conte, tout comme « Barbe Bleue » paru en 2012. Amélie Nothomb renonce cette fois à ce procédé qui lui va si bien mais ne s’éloigne pourtant pas tant que ça de son Riquet puisque, à nouveau, elle nous dresse le portrait d’une famille, parents et enfants.

Marie était jeune, belle et consciente de ce don, prête pour la grande aventure que la vie lui réserverait. Devant tant de promesses, elle ne pourrait qu’être à la hauteur du grand bonheur qui l’attendait. Les grandes joies de sa vie, elle les éprouvait à l’instant précis où elle percevait l’envie dans les yeux de ceux qui l’observait. Aucun plaisir ne valait la peine d’être vécu si personne ne pouvait l’en jalouser. Mais alors que tout semblait se dérouler parfaitement, Marie tombe enceinte. Le mariage est précipité et une petite fille pointe le bout de son nez : Diane. Dès cet instant, le monde n’a plus d’yeux que pour cette enfant qui éclipse bien malgré elle sa mère. Rien ne sera comme avant, plus jamais Marie ne pourra être heureuse. Jamais elle ne pourra non plus aimer cette petite fille qui a brisé ses rêves. 
Les années passent et Diane grandit, loin de l’amour maternel – inexistant - et à la recherche d’une vie épanouissante, qu’elle trouvera finalement dans sa carrière professionnelle naissante. À l’université, elle rencontre Olivia, son mentor, son alter ego. Ensemble, elles pourront accomplir tant de choses ! À moins que, à nouveau, l’égoïsme ne vienne tout gâcher…


 

Amélie Nothomb, frappe-toi le cœur, Albin Michel, 2017.

Si ce roman est assurément dans la continuité de ses précédentes publications, on y découvrira avec plaisir des personnages plus fouillés qu’à l’habitude. Nothomb prend le temps de nous présenter ses héros de papier, leur donne une histoire familiale construite qui permettra au lecteur de mieux appréhender leurs actes. Ce n’est pas tout à fait neuf mais ça a rarement été aussi concret. En 2014, « Pétronille » (personnage inspiré par la romancière Stéphanie Hochet dont le dernier livre « L’animal et son biographe » est paru en février dernier) proposait ainsi un portrait détaillé et attachant d’une héroïne que Nothomb avait fait entrer dans son univers. Car tout ce que touche Amélie devient nothombien, et c’est là son grand talent. Au fil des années - 25 ans tout de même ! – elle a su créer une œuvre crédible et construite. Un tout qui fait que chaque titre est identifiable au premier coup d’oeil. Que l’on aime ou que l’on déteste, on ne peut ignorer Nothomb. Elle est là, visible dans les médias, visible dans ses lignes. Ces multitudes de lignes qu’elle écrit, qu’elle partage avec son public. Il y a une patte, une plume, un style. Amélie Nothomb, ce n’est pas une anecdote dans la littérature francophone contemporaine. À force d’être une incontournable des rentrées littéraires, elle est devenue une référence des lettres. Amélie n’est pas vintage, Nothomb est un classique du genre. Corolaire direct : les jaloux pleuvent. Y aurait-il un message caché dans ce livre ?

Tag(s) : #A (re)lire, #Rentrées et Prix littéraires, #LesPetitsLivres

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